Boris Vukobrat Biography (French)

Boris Vukobrat est né le 5 mars 1940 à Zagreb.

Diplômé de la Haute École du Commerce Extérieur de Belgrade, il a travaillé pendant un certain temps comme journaliste dans la revue “Ekonomska Politika”, d’où il est licencié pour cause d’incompatibilité politique. Vers la fin 1965, il monte avec son épouse à Paris, où il mène une vie très modeste, travaillant comme ouvrier chez Renault tout en étudiant la langue et la civilisation françaises à la Sorbonne, ainsi que l’économie à la Haute école Polytechnique de Commerce Extérieur à Paris. Les études terminées, il est employé dans la société Copechim, où il finit par devenir le numéro un de cette compagnie qui devient l’une des plus importantes du monde en matière de commerce de produits pétroliers et pétrochimiques.

Il s’engagea tout particulièrement dans le commerce entre l’ancienne URSS et les autres pays de l’Europe de l’Est et la France ainsi que les autres pays d’Europe occidentale. Son engagement dans le développement des relations économiques entre la Russie et la France lui vaut en 1983 l’ordre de Chevalier de la Légion d’Honneur, devenant ainsi le plus jeune étranger à avoir été décoré de cette plus haute distinction française décerné pour les mérites en temps de paix. Il est nommé aussi mécène de l’Académie Française, un privilège qui n’est pas accordé à tout le monde, indépendamment du montant de la donation. Avec Butros Butros Ghali, Franco Agnelli et l’Académie Française, il est en 1990 cofondateur de l’Université Francophone de l’Université Senghor d’Alexandrie. Chevalier en 1983, il devient en 1993 officier de la Légion d’Honneur, laquelle distinction lui est décernée du contingent personnel du président Mitterrand pour ses efforts de paix dans le cadre des activités de la Fondation.

Sa fortune personnelle s’accroissant, il ne cessait d’investir dans sa patrie d’origine, si bien qu’il ouvrit des agences de la Copechim dans les capitales de toutes les républiques de l’anciennes Yougoslavie. Il créa aussi à Konavli un domaine horticole dont la production et l’activité commerciale répondaient aux normes internationales les plus élevées, prouvant ainsi qu’en Yougoslavie aussi une gestion et une production au plus haut niveau mondial étaient possibles, à condition d’appliquer les principes de l’économie et de la technologie modernes. Ce domaine fut complètement détruit pendant les opérations de guerre dans la région de Dubrovnik en 1991.

Lorsque la guerre éclata dans l’ancienne Yougoslavie, Vukobrat décida de s’engager au maximum pour qu’une fin soit mise à ce conflit. Il élabora un projet en vue d’une nouvelle communauté des républiques de l’ancienne Yougoslavie, fondé sur les idées de régionalisation et d’intégration. Ce projet fut diffusé à des centaines d’experts : politologues, économistes, sociologues, juristes, ainsi qu’aux hommes des lettres et journalistes, avec la demande d’y apporter leurs suggestions. Partant de ces suggestions et des résultats de la Table ronde qui avait réuni en septembre 1992 à Belgrade une quarantaine d’experts d’orientations différentes, il finit par élaborer ses “Propositions en vue d’une nouvelle communauté des républiques de l’ex-Yougoslavie”, qui ont pris corps dans le cadre de la Fondation pour la Paix et la Gestion des Crises, qu’il avait créée entre-temps dans la ville suisse Zug, avec l’objectif d’étudier la situation dans les pays de l’ancienne Europe de l’Est pour proposer des solutions concrètes aux problèmes apparus lors du passage du totalitarisme à la démocratie et du collectivisme à l’économie de marché,. Le projet fut accueilli dès le début avec une attention particulière de l’opinion mondiale. L’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev demanda à Boris Vukobrat de préparer, sur la base des principes de ce projet, un projet de solution de la crise dans l’ancienne URSS. La Fondation pour la paix et la Gestion des Crises de Boris Vukobrat s’acquitta de cette tâche en engageant un groupe de plus éminents experts russes d’orientations politiques différentes, qui finirent par rédiger l’ouvrage intitulé “Propositions pour la Russie et la Communauté des États Indépendants”.

A la demande des organisateurs de la Conférence sur l’ex-Yougoslavie à Genève, la Fondation développa aussi un projet de solution de la crise en Bosnie-Herzégovine, en octobre 1992. Tous les principes de ce projet furent contenus dans les bases constitutionnelles du document connu comme le Plan Ahtisari, dans les cadres du projet d’aménagement de la Bosnie-Herzégovine du plan Vance-Owen. Cependant, l’idée de la régionalisation dans le plan Vance-Owen ayant reposé sur la division ethnique, celle-ci s’était substantiellement écartée de l’idée de Boris Vukobrat, ce plan a dû échouer. Œuvrant avec dévouement à la divulgation de son projet, en convaincant les officiels du monde de rejeter les principes de la division ethnique et de sauvegarder l’unité de la Bosnie-Herzégovine, sans laquelle il ne pouvait pas y avoir de paix durable et juste dans l’ex-Yougoslavie, Boris Vukobrat rencontrait régulièrement les plus hauts fonctionnaires à Kremlin, à l’Élysée, dans la Maison Blanche, au Palais des Nations, au siège de l’Union Européenne à Bruxelles.

A l’initiative d’un groupe d’anciens leaders occidentaux, des présidents Ford et d’Estaing et des premiers ministres Callaghan et Schmidt, Boris Vukobrat élabora un plan de paix pour la Bosnie-Herzégovine vers le milieu de l’année 1993. Dans ce plan, entre autres, il s’employa en faveur d’un contrôle strict de toutes les frontières de la Bosnie-Herzégovine afin que Belgrade et Zagreb fussent empêchés d’armer les parties en conflit, en faveur de l’extension du mandat des forces de l’ONU de manière qu’elles pussent protéger efficacement les populations civiles, il prôna le rejet de toute idée de division ethnique de la Bosnie-Herzégovine, ainsi que la reconnaissance mutuelle immédiate et inconditionnelle de toutes les républiques de l’ancienne Yougoslavie, avec une possibilité de modification des frontières sous réserve d’un accord de toutes les parties intéressées.

Considérant que la communauté internationale endossait une grande part de responsabilité pour le prolongement de la guerre en Bosnie, il faisait ressortir à partir du milieu de l’année 1993 la nécessité pour les plus grandes puissances du monde d’empêcher la poursuite de la guerre par une position unique et par une action conjointement mise au point, de manière que Moscou et Paris eussent exercé une influence sur les Serbes, Washington sur les Musulmans, Bonn et le Vatican sur les Croates, et Londres sur toutes les parties au conflit, afin que celles-ci acceptent une solution de paix. Durant le premier semestre 1994 il envoya plus de 70 “Lettres du président” aux leaders de ces pays en leur faisant comprendre qu’une large partie de leur responsabilité pour la poursuite de la guerre en Bosnie-Herzégovine relevait précisément de ce qu’ils hésitaient d’intervenir en commun et en leur demandant de mettre au point une action conjointe qui mettrait fin à la guerre. Bientôt l’Élysée, le Kremlin et la Maison Blanche, ainsi que le chef de la diplomatie russe de l’époque André Kozirev se félicitèrent officiellement des idées de cette lettre et la création du « Groupe de contact » de ces pays fut l’aboutissement des longues années d’efforts de Boris Vukobrat. Avec le temps, les idées de la fondation de Vukobrat s’imposaient toujours davantage dans l’espace de l’ancienne Yougoslavie. Sept tables rondes furent tenues, réunissant au total quelque 300 éminents experts qui discutaient de divers aspect du projet, et cela deux fois à Belgrade et les cinq autres fois à Ohrid, à Cetinje, à Subotica, à Banja Luka et à Paris.

Conscient des effets du blocus informatif sur la poursuite de la guerre et l’incitation à la haine, Boris Vukobrat lança en juin 1993 l’émission radiophonique « L’Âge de la Raison », retransmise par les stations de radio indépendantes diffusant un programme en langue serbe. Des articles choisis de ces émissions constituent le contenu d’un livre qui, de l’avis des critiques, représente le meilleur témoignage publié jusqu’à présent de l’absurdité de la guerre.

Parmi les nombreuses actions engagées par Vukobrat, il est à noter son action humanitaire et de paix entreprise en novembre 1993 à Paris. En effet, la Fondation de Boris Vukobrat organisa une rencontre de la sélection nationale française de handball et de celle des joueurs de toutes les parties de l’ancienne Yougoslavie qui jouait en France. Toutes les recettes de ce match et de sa retransmission radiophonique en direct furent utilisées aux fins humanitaires. Avec le temps, Boris Vukobrat a réussi, dans une série d’interviews, à expliquer à l’opinion publique sa vision et son bien-fondé, de sorte que toute tentative de manipulation était de moins en moins possible, d’autant plus que les plus prestigieux des médias mondiaux, de la CNN, en passant par Le Monde et Le Figaro, jusqu’à l’International Herald Tribune accordèrent aux actions et aux idées de Boris Vukobrat toute l’attention due, de quoi témoignent des centaines de pages de son volumineux dossier de presse.

Boris Vukobrat est cofondateur et président d’honneur de l’association des organisations non-gouvernementales de l’Europe du Sud-est – CIVIS. L’association CIVIS a été créée le 4 juin 2007 par des représentants des ONG de Serbie et de l’Europe du Sud-est. Etant donné qu’il n’y avait pas d’institution ou d’organisation commune représentative des intérêts et les objectifs des organisations non-gouvernementales de l’Europe du Sud-est, l’Association CIVIS à obtenu vite après sa formation le statut de membre de la Conférence des organisations non-gouvernementales internationales du Conseil de l’Europe. ‘activité du CIVIS s’exerce dans les domaines des dialogues interreligieux, la promotion des droits de l’homme et des valeurs de la société civile, ainsi que de l’accélération des intégrations européennes de Balkan occidental.